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Sabry

Pour ce nouvel épisode, j'ai l'immense plaisir de recevoir Marc du Pontavice, fondateur et président du groupe Xilam, groupe coté en Bourse et leader européen du marché de l'animation. Bonjour Marc. Comment ça va?

Marc

Bah super, très content d'être là.

Sabry

Merci d'être présent. Quel est l'aspect le plus complexe quand on dirige une société cotée en Bourse ?

Marc

En fait, la réponse elle est très simple. Il y a un vrai paradoxe pour une société d'animation d'être en Bourse parce que la Bourse est un segment qui a tendance à regarder les choses à très court terme. Notre métier en animation, c'est du très, très long terme. Voilà. Donc au départ, il y a eu beaucoup de malentendus. On est rentrés en Bourse en 2002. Et puis les gens avaient un peu de mal à comprendre pourquoi ça ne montait pas à toute vitesse quoi. Et ils ont fini par comprendre quelques années après qu'ils avaient bien... enfin pour ceux qui étaient restés ; qu'ils avaient bien fait d'y être. Mais parce que quand on sait qu'il faut 5 ans entre le moment où vous avez une idée, le moment où ça vient à l'antenne... Et que si vous voulez construire un catalogue sur des années, ben ça va prendre forcément 10 à 15 ans pour qu'une société commence vraiment à exister. Voilà, c'est ce paradoxe là qu'il faut gérer, donc ça demande beaucoup de pédagogie.

Sabry

C'est le cycle d'exploitation en fait d'une œuvre qui n'est pas finalement au rythme que peuvent attendre quelqu'un qui investit en Bourse en réalité. Et donc, ça crée un peu ce dialogue un peu compliqué. Mais bon, vous vous en êtes sortis, excusez-moi.

 

Marc

Non non, mais nous on s'en est sorti de façon spectaculaire parce qu'on est une entreprise qui, non seulement on a construit un vrai patrimoine sur le temps, puisqu'on est toujours resté propriétaire de toutes nos œuvres.

Sabry

Oui.

Marc

En prenant beaucoup de risques parce qu'on n'y est pas arrivé par hasard. On a pris beaucoup de risques pendant des années pour en arriver là. Et puis, le marché a fini par nous donner raison de façon spectaculaire puisqu'avec la globalisation et maintenant avec les plateformes, c'est encore plus spectaculaire. On a des œuvres qui voyagent dans le monde entier et ça se passe super bien.

Sabry

Vous aviez avant de démarrer Xilam en 1999, travaillé chez Gaumont. Vous avez fait carrière pendant huit ou dix ans. Quel a été finalement l'intuition qui vous a amené à développer l'animation et est-ce que vous saviez déjà à l'époque, que l'animation allait devenir aussi importante en termes de marché ?

Marc

Alors je pense que j'avais une petite quand même intuition de marché. En fait moi j'ai commencé chez Gaumont en 1990. Gaumont m'a demandé à l'époque de créer avec un autre partenaire une entreprise dédiée à la production de séries pour la télévision.

Sabry

D'accord.

Marc

Donc j'ai pas du tout commencé dans l'anime. J'ai commencé parce que je venais même du cinéma, même avant. Et donc moi ce qui m'intéressait ; c'est-à-dire moi j'ai une grosse obsession dans ma vie. Si je veux faire du contenu pour de l'image, je veux faire des choses qui voyagent et qui durent. C'est une vraie obsession chez moi.

 

Sabry

Tu dépasses les frontières en fait.

Marc

Voilà, le tonneau des Danaïdes de la télé où tu mets un truc, ça disparaît dans la poubelle et plus jamais, je ne supporte pas ça.

Sabry

OK.

 

Marc

Donc déjà à l'époque, quand je faisais de la série télé, je voulais faire des choses très internationales et donc je m'étais spécialisé sur un secteur qui a vraiment cartonné chez Gaumont à l'époque, qui était les grosses séries internationales.J'ai fait des séries comme "Highlander".

Sabry

Ah ouais?

Marc

Oui.

Sabry

Ah d'accord, j'étais pas au courant. Pourtant Highlander on l'aime bien, on l'a même pas regardé.

Marc

Non non, ça a été une très grande aventure pour moi. Puis j'ai appris énormément de choses, puisqu'on a beaucoup travaillé avec les marchés anglo saxons évidemment, sur cette série-là. Et puis, en fait j'ai développé plusieurs métiers chez Gaumont; donc la production télé. J'ai développé du jeu vidéo, j'ai développé des activités sur Internet. C'était assez tôt, 94. Et puis j'ai créé effectivement la division animation, un peu sur un coup de dés. Je ne connaissais rien à l'animation, ni personne. Je voyais bien qu'il y avait un trou dans la raquette chez Gaumont là-dessus, où il n'y avait pas d'offre. Et je sentais le marché un peu bouillonner. Et surtout, j'avais le sentiment qu'on était à un moment où on allait sortir de là, du dessin animé à la papa ; les dessins animés que les gens font pour rassurer les parents, et non pas pour les enfants. Je voyais bien qu'il se passait des choses aux États-Unis.

Sabry

Sur l'écriture quoi ?

Marc

Oui sur l'écriture, sur le dessin, sur le ton surtout.

Sabry

Les concepts.

Marc

Sur le ton il se passait des choses beaucoup plus insolentes, qui s'adressaient vraiment aux enfants d'une manière assez particulière, presque transgressive.

Sabry

C'était naissant sur la chaine payante américaine HBO, des choses comme ça, non ? À l'époque c'était déjà...

Marc

En fait c'est surtout les premiers dessins animés de Nickelodeon. C'est notamment "Ren et Stimpy", qui est sorti en 1991, qui a été un énorme événement. Et je me suis dit il y a quelque chose à faire en Europe parce que ça, ça n'existait pas. À l'époque, l'Europe c’était surtout les contes du père Castor, ce genre de choses. Enfin bon, voilà... C'était un autre monde.

Sabry

Babar.

 

Marc

Voilà, Babar.

Sabry

On ne se moque pas, mais en fait, c'était bien cadenassé, ça ne dépassait pas, c'était bien bordé quoi.

Marc

Oui, puis c'est ce truc en fait où il faut rassurer les parents. Voilà. Donc moi, j'avais envie de faire, ça m'amusait. Enfin l'idée de créer des dessins animés, vraiment pour les enfants, avec cette idée transgressive qu'ont les enfants. Les enfants ils ont ce truc de la transgression. Donc bon, j'ai proposé ça à Gaumont qui m'adit banco. Et puis voilà. Et on est partis en fanfare comme ça et j'ai eu la chance de croiser, de rencontrer d'engager assez vite des talents énormes quoi. Et surtout le premier d'entre eux, qui était Jean-Yves Raimbaud, qui a quand même créé successivement "Les Zinzins de l'espace", puis "Oggy et lesCafards".

Sabry

Oui, c'est incroyable.

Marc

Donc démarrage canon avec Jean-Yves et puis toute l'équipe qu'on a monté à l'époque.

Sabry

Donc c'était le début de cette fameuse typologie de dessins animés, qu'on appelle la comédie slapstick. Et en plus non verbale en fait, puisque les personnages ne parlent pas. On va voir justement, il y a un premier... Ben vous l'avez mentionné, mais c'est "Les Zinzins de l'espace". Donc ça, ça a démarré chez Gaumont, puis c'est devenu un spin chez Xilam.

Marc

Oui.

Sabry

Avec tout cet univers complètement dingo. Et c'est connu à travers le monde hein "LesZinzins de l'espace". Il y a eu aussi "Ratz", mais ça c'était plus tard ?

Marc

Ça c'est plus tard, bien après Gaumont.

Sabry

Avec Éric et Ramzy, qui faisaient les voix.

Marc

Avec Éric et Ramzy, absolument.

Sabry

Très sympa, ça j'avais pas mal regardé aussi. Et puis évidemment Oggy, le carton. Comment est-ce qu'on arrive à créer un bon concept, justement, autour de la comédie slapstick, comme ça ? Vous qui êtes très impliqué au niveau du démarrage et de la DA etc. ; Qu'est-ce qui vous nourrit ? Comment est-ce qu'on travaille autour de la création de cette œuvre ?

Marc

En fait, on sortait donc du succès des Zinzins de l'espace, qui avait été gigantesque hein.Les Zinzins, il faut quand même se rappeler que c'était la première fois qu'un dessin animé non anglo saxon était diffusé sur un network américain. C'était laFox à l'époque. Donc c'était un événement. Et du coup, on avait une très grosse pression de nos partenaires en France, en Allemagne, en Italie et auxÉtats-Unis, qui voulaient absolument qu'on propose de nouvelles choses. Et je voulais aller un cran plus loin, entre guillemets, et aller jusqu'à la référence ultime pour moi, qui est vraiment... Parce que les zinzins sont dialogués. Du coup, c'était carrément d'aller sur du slapstick non dialogué.C'est-à-dire c'est vraiment... Bah les références "Bip Bip et Coyote"...

Sabry

"Tom etJerry".

Marc

"Tom etJerry", et tous ces grands ancêtres-là. Mais pas pour refaire exactement la même chose, mais en modernisant les choses. Et donc j'ai demandé à Jean-Yves de réfléchir. Le brief était simple. Je lui dis écoute, fait "Tom etJerry" en l'an 2000. C'est quoi Tom et Jerry en l'an 2000 ?

 

Sabry

On va regarder le générique parce que ça c'est quand même un truc que tout le monde connaît.Et on ne s’en lasse pas.

Générique ...

Sabry

Voilà, ça c'est la chanson ultra connue. Attention, 7 saisons quand même. En Chine, c'est une star Oggy. Vous faites des produits dérivés, on va voir des photos là de produits dérivés. Enfin, c'est un carton absolu. Donc on revient à la genèse. Et qu'est-ce qu'il s'est passé pour dire OK, on fait un Tom et Jerry de notre époque ?

Marc

Jean-Yves est revenu quelques semaines après avec un dessin qui représentait Oggy entrain de poursuivre les trois cafards. Il dit voilà, on garde le chat.

Marc

Oui.

Marc

Enfin ce n’est pas le même que Tom, évidemment, mais le concept du chat, chat bleu. Important, il y a un truc bizarre autour du chat bleu. Dumbo est bleu,  Doraemon est bleu. Enfin il y a un truc autour du chat bleu. On garde le chat bleu grosso modo, mais ce n’est pas une souris, c'est trois cafards. Parce que les cafards c'est la vie urbaine quoi, c'est la modernité. Et on inverse. C'est les cafards qui foutent le bordel dans la vie du chat, le chat il veut juste être peinard lui. Et à partir de là, on crée en fait un concept très puissant, qui symboliquement, raconte en fait comment la vie serait peinard s'il n'y avait pas tous ces putains de tracas de la vie quotidienne qui nous emmerdent tout le temps quoi. Les cafards ils symbolisent ça, comment on se fait emmerder, pourrir la vie par des petits détails tout le temps. Voilà. À partir de là, c'est infini quoi. Le concept est tellement plastique et les personnages tellement forts que 500 épisodes après, on a encore des choses à raconter.

Sabry

Ouais mais la difficulté, c'est quand même le non dialogué. C'est comment créer de l'action, l'histoire en fait, un truc qui tient la route, sans avoir à poser à un moment ,un seul mot.

Marc

Bah en fait c'est tout le secret du truc. C'est pour ça que moi j'ai une vraie passion pource qui n'est pas dialogué. Quand vous ne dialoguez pas, vous n'avez pas le choix, c'est-à-dire que vos acteurs, vos personnages, ils doivent s'exprimer avec leur corps, avec leurs expressions. Donc ça a plusieurs conséquences. La première, c'est que c'est beaucoup plus exigeant en termes d'animation. On ne peut pas juste avoir un mec qui fait du lipsync et qui raconte quelque chose. Non, il faut que lui, son visage...

Sabry

L'expression faciale.

Marc

L'expression, tout ça soit très fort. Donc le travail de posing, d'animation, etc. Et plus vous allez vers là, plus vous êtes obligé de travailler sur un langage très universel, puisqu'il n'est pas dialogué. Il doit être universel puisqu'il passe par le corps. Et là, tout d'un coup, on commence à capter en fait un mode d'expression qui va fonctionner partout dans le monde entier de la même façon.Puisque vous n'avez plus cette barrière culturelle du langage. Et en termes de mise en scène, forcément ça va beaucoup plus loin. On a beaucoup plus d'imagination, on touche tous les boutades dans tous les sens. Voilà. Et donc on construit comme ça. Et puis pareil, quand vous faites ça, l'autre conséquence c'est que la bande son, elle doit être énorme.

Sabry

Ah ouais. C’est pour ça qu'on l'a en tête d'ailleurs aujourd'hui. C'est que c'est canon quoi, c'est bien foutu.

 

Marc

C'est un élément de la comédie la bande son. Ce n’est pas juste là pour donner une...

 

Sabry

Donc vous l'avez internalisé du coup ?

Marc

Oui oui, bien sûr. Non non mais enfin tout chez nous, progressivement, était complètement internalisé. Enfin on fait nous-mêmes tous nos effets de bruitage. Les montages et la musique sont faits chez nous, les compositeurs avec lesquels on travaille...Enfin il y en a eu grosso modo deux dans l'histoire de Xilam. Ils sont extrêmement fidèles, ils sont vraiment les compositeurs de Xilam.

Il y a un savoir-faire qui se construit, qui tient sur une tête d'épingle. C'est très compliqué à imiter ce truc-là, parce que c'est une expertise qui est complètement dingue.Et surtout en fait, ça fait quoi ? C'est qu'on donne le pouvoir aux storyboarders, aux gag mans, aux réalisateurs, alors que dans la tradition de la télévision française en animation, comme aux États-Unis, le pouvoir était plutôt aux scénaristes dans les années 80/90. Là, on ramène en fait la décision artistique...

Sabry

Quasiment aux storyboarders.

Marc

Aux storyboarders, aux animateurs, aux réalisateurs parce que la comédie elle naît dans le dessin, elle naît pas dans le script. Il faut un bon script hein, il faut une histoire très, très tenue, etc. Et d'ailleurs les meilleurs scénaristes...

Sabry

Sont des storyboarders ?

Marc

Sont des storyboarders.

Sabry

Ah bon ?

Marc

Les meilleurs scénaristes de Xilam sont des gens qui viennent du storyboard.

Sabry

Et ils ont des idées superbes.

 

Marc

Ouais parce que tout est visuel chez eux. Donc quand ils écrivent une histoire, bah ils savent comment ça va se passer visuellement.

Sabry

Derrière Oggy,il y a l'aspect créatif et merci d'en parler, c'est super intéressant. Et il ya l'aspect commercial. Comment ça fonctionne une licence comme Oggy ? Donc déjà c'est sept saisons. Ça s'installe avec le temps, les cycles d'exploitation sont longs. Mais là aujourd'hui, vous êtes en train de ramasser les fruits.D'ailleurs, il y a cette expression que j'aime beaucoup, qui est de dire que le jour où on plante les graines n'est pas le jour où on mange les fruits. Et ça, les gens ont tendance à l'oublier. Mais là, avec Oggy, c'est vraiment l'exemple typique quoi.

Marc

Ouais mais alors il ne faut pas oublier que les fruits, ils s'éteignent très vite en fait, si on ne continue pas à planter des graines. Tout le temps il faut planter des graines. Mais c'est pourquoi il y a sept saisons. Parce que chaque fois, il faut ramener de la nouveauté. Là, enfin vous le savez peut-être pas, mais dans quelques semaines, il y a la 8ème saison d'Oggy et les Cafards" qui arrive sur Gulli.

Sabry

D'accord.

Marc

Et vous allez avoir beaucoup, beaucoup de surprises. Des personnages, ...On a fait des vrais choix de modernisation du design. Enfin il y a un vrai renouveau. Enfin pour nous, on appelle ça presque un reboot, d'ailleurs. J'adore. On a un peu tiré des leçons de "Zig & Sharko" une autre grande histoire de Xilam. On avait quand même beaucoup changé en termes de design. Voilà, donc il faut continuer à planter des graines. Et puis surtout, là pour le coup, ça demande aussi effectivement une gestion commerciale, marketing... Enfin il faut... En fait c'est...

 

Sabry

C'est un autre métier, mais qui est intégré au studio.

 

Marc

Voilà, moi j'ai compris ça très vite dans ma carrière. C'est que je ne peux pas investir et prendre tous les risques que je fais aujourd'hui et tous les jours depuis 25ans dans mes dessins animés, si je n’ai pas une optimisation exceptionnelle de l'exposition de mes programmes. Enfin pour que mes programmes soient rentables, il faut qu'ils soient vus dans le monde entier. Si ça s'arrête en France, je perds de l'argent tous les jours, ce n’est pas possible. Et donc ben Oggy, on l'a fait rebondir tout le temps, tout le temps, d'une chaîne à l'autre, d'un pays à l'autre. Il a fait le tour du monde plusieurs fois. Dès que les plateformes sont arrivées, boum, c'est parti. Dès que YouTube est arrivé boum, c'est parti. Enfin Oggy ça a été une flèche sur YouTube, c'est invraisemblable.On a cumulé... On doit avoir, je ne sais pas... Sur Oggy on doit avoir quoi ?7/8 milliards de vidéos vues accumulées aujourd'hui quoi.

 

Sabry

Incroyable. Et vous avez mentionné Netflix justement, qui est venu vous chercher aussi pour une offre, mais plutôt pre-school, sur la base de l'IP Oggy. On va voir une photo là. Et donc, comment on adapte justement pour les enfants beaucoup plus jeunes la franchise Oggy, sans... Je ne sais pas si c'est transgressif, je n’ai pas eu l'occasion de regarder encore. Mais sans ce côté justement, qui est très... ?

 

Marc

Alors, évidemment on n'est pas dans le slapstick quand on s'adresse aux tous petits, parce que slapstick ça veut quand même dire se taper dessus hein, littéralement, entre guillemets. Même si ce n’est pas que ça le slapstick, bien sûr, mais il était pas question de proposer. En fait, c'est venu d'une observation qu'on a fait. On était très surpris quand on a fait des études d'audience et on s'est aperçu en fait que les enfants regardaient Oggy très petits. Mais dès l'âge de 3 ans en fait ils regardaient "Oggy et lesCafards". On s'est dit quand même, ce n’est pas exactement fait pour leur âge quoi, parce que ça y va quoi. Et ça nous a beaucoup intéressé. On s'est intéressé du coup sur qu'est-ce qu'il y avait dans le personnage d'Oggy qui leur plaisait tant que ça, parce qu'il y avait une espèce de coefficient affectif énorme sur le personnage. Et l'idée s'est développée comme ça, qu'il fallait développer quelque chose qui soit vraiment spécifique à cet âge-là, où on garde la comédie, le côté très visuel, très entraînant, le côté un peu cartoon dans le préscolaire. Vraiment la comédie, qu’on ne soit pas que dans le culte éducatif comme de temps en temps on le fait. Et on voulait, en revanche, vraiment le démarquer de la série classique. Donc on a décidé carrément de l'emmener en 3D.

Sabry

Oui.

Marc

Et de là, de faire une création en 3D, ce qui était assez nouveau pour nous, surtout dans l'univers d'Oggy. Et finalement, on a fait Oggy sans les cafards, ce qui est un concept très, très différent. Et on a été en quelque sorte imaginer Oggy quand il est tout petit et qu'il est avec sa bande de potes dans une communauté de chats. Et voilà.

Sabry

OK. Et ça adonné ça, qui est sorti sur Netflix cet été.

Marc

Qui est donc sorti sur Netflix cet été, il y a très peu de temps.

Sabry

Et la fabrication, c'était avec Cube j'imagine, non ?

 

Marc

Pas du tout, non non.

Sabry

Cube qui a été racheté ; enfin le groupe ; c'est pour ça que je le mentionne... On a reçu Lionel ici d'ailleurs...

Marc

On a rachetéCube, non seulement parce qu'ils ont énormément de talent et que vraiment, c'est tout un ensemble de gens que j'aime beaucoup, mais aussi parce qu'ils ont effectivement une expertise en images de synthèse qui est super. Mais nous, on avait commencé à faire de la 3D déjà depuis 3 ans.

Sabry

OK.

Marc

On avait créé un hub à Angoulême, un superbe hub 3D à Angoulême qu'on adore. Il y a des gens super doués. Et on leur a confié il y a deux ans ; il y a plus que deux ans même, il y a déjà 3 ans ; on leur a confié le développement, la création en fait de tout l'univers 3D. Donc tout s'est fait sur Angoulême. Rien à voir avecCube. Avec Cube on fait d'autres choses. Mais Oggy c'est...

Sabry

Donc vous avez des studios à Paris, à Lyon, ...

Marc

À Angoulême.

Sabry

Villeurbanne et Angoulême.

Marc

Ouais.

Sabry

Et au Vietnam.

 

Marc

Et au Vietnam, absolument.

Sabry

D'accord, OK.Et justement, juste pour finir avec Netflix.

Marc

Ouais.

Sabry

Comment ça s'est passé ? Ça c'est vos locaux à Paris, c'est ça ?

Marc

Ouais.

Sabry

Superbe atrium ,je viendrai vous voir pour prendre un café.

Marc

Avec plaisir.

Sabry

Pour prendre le soleil. (Rires) Mais sur la partie Netflix et donc les négociations qui ont démarré il y a trois/quatre ans du coup, avant que ça sorte là ; Vous êtes toujours propriétaire de l'IP ? Parce que généralement, eux ils viennent et ils achètent tous les droits. Et là ils ne peuvent pas, ils ont pas le choix.

Marc

Non, voilà. Et ce n’est pas que Oggy hein, on a une autre série qui est une création originale de Xilam, qui s'appelle "Trico", qu'on a signé avec eux. Pareil, un slapstick 3D, mais cette fois-ci un vrai slapstick, mais en 3D. C'est assez nouveau pour nous, c'était un pari technologique assez dingue. Mais même, alors que c'est une création originale, on a négocié ; mais toujours pareil parce qu'en fait nous on préfère que Netflix ne finance pas 100 % de l'œuvre. On prend un peu de risques pour rester propriétaires de l'œuvre et construire quelque chose comme ça dans le temps et rester nous-mêmes les maîtres de la diffusion de nos programmes quoi.

Sabry

Vous êtes créateurs, donc vous êtes propriétaires de toutes vos IP.

Marc

Oui.

Sabry

Vous êtes fabricants, donc producteurs au sens où vous produisez et fabriquez vous-mêmes. Et vous êtes aussi...

Marc

Distributeurs.

Sabry

Distributeurs. À la distribution, ça se passe comment ? Vous avez des parterres de vendeurs qui font des calls sur Zoom ?

Marc

Qui font des ventes qui sont supers et qui font le tour du monde, connaissent très très bien tous les acheteurs du monde entier, de toutes les grandes chaînes importantes et moins importantes. Parce qu'on fait des deals... Il y a des tous petits deals à 1000 dollars. Et puis il y a des deals à plusieurs millions de dollars hein, c'est très très varié. Mais il faut couvrir... Encore une fois, bon, nous on ne s’engage pas. On fait des séries extrêmement chères hein. Ça coûte une blinde hein de produire des séries chez Xilam, le niveau de qualité est extrêmement élevé. Donc ça n'a de sens économique que si on vend dans le monde entier. Donc c'est toujours... On serre les fesses quoi quand on lance une nouveauté parce qu'il faut que ça prenne quoi.

 

Sabry

Est-ce que justement, un gros studio, ça peut être vu comme une entreprise normale aujourd'hui ? Je pose cette question parce que vous êtes un des seuls studios à être coté en Bourse. Et que en Bourse on atteint voilà des chiffres, des cashflows futurs, enfin des choses qui sont assez normées, pour n'importe quel investisseur. Et est-ce qu'il y a cette difficulté qui persiste de dire bah moi, j'ai un métier où il faut faire des investissements de départ, il faut prendre des risques, l'argent on le voit que dans quelques années, ... Comment est-ce que vous articulez ça ?

Marc

Bah en fait laBourse maintenant, ils sont très rassurés parce que ce qu'ils voient depuis desannées, c'est que le catalogue génère des revenus de plus en plus importants.C'est-à-dire dire que nous en fait, 30 %... ; enfin on est les seuls en France; plus de 30 % de notre chiffre d'affaires provient du catalogue.

Sabry

Des royalties en fait.

Marc

Voilà, des royalties. Ce qui est énorme et très rassurant pour les banquiers comme pour les investisseurs, et qui nous permettent de financer en fait notre risque. Donc on a créé un cercle vertueux comme ça en 20 ans. Comme on est restés propriétaires, le succès de nos offres passées génèrent des revenus, qui nous permettent de réinvestir et de créer un catalogue encore plus important, etc.,etc. Donc c'est une très très belle boule de neige. Il faut un peu la maîtriser hein, il faut pas que la pente soit trop... voilà. Mais il y a un effet vertueux et qui nous permet... Enfin là en ce moment, on est en train de nourrir toute une nouvelle phase de l'avenir de Xilam. Grâce aux plateformes, on est en train d'explorer des formats adultes, enfin des choses très très nouvelles, qui nous sont très excitantes. Mais pareil quoi, il faut prendre des risques, développer des choses, etc. Et c'est grâce à tout ce passé, toute cette histoire de Xilam, qu'on peut le faire.

Sabry

Donc vous allez peut-être aller dans l'animation adulte, ado... ?

Marc

Ah mais carrément, à fond.

 

Sabry

Ah ouais ? OK.

Marc

C'est notre trip en ce moment.

Sabry

Et ça ne serait pas du slapstick sans... ?

Marc

Non bah non...

Sabry

Là on rentre dans un autre...

Marc

Non, on rentre dans autre chose, c'est des récits qui sont... C'est très varié hein, il y a de la comédie trash, il y a du shōjo pour les jeunes filles, il y a du drame sentimental. Enfin on tape un peu dans tous les sens.

Sabry

Donc c'est une nouvelle ère ?

Marc

Et on a envie d'étendre les frontières de l'animation.

Sabry

C'est une nouvelle ère, justement, qui est en train de s'ouvrir là ?

 

Marc

Ah oui oui, je suis sûr que là on ouvre des portes incroyables.

Sabry

Et où est-ce qu'on va, selon vous ? Vous qui avez toujours eu du pif en fait dans tout ce que vous avez fait. C'est une question ouverte hein, y'a pas vraiment de...

Marc

Non, je peux vous répondre. J'ai une profonde conviction que on est en train là enfin de commencer à renverser la table et que les gens arrêtent de penser l'animation uniquement pour les enfants. Et qu'ils se rendent compte que l'animation peut permettre de raconter des histoires incroyablement sophistiquées pour les adultes. Et que les adultes, en fait, ils adorent ça. Mais c'est ce qu'il se passe sur les plateformes. L'animation pour adultes, ça cartonne sur les plateformes. Vous vous rendez compte qu'aux États-Unis, en 2019, il y avait déjà 50 séries pour adultes en fabrication. En 2020, il y en a 100. Aujourd'hui, l'animation pour adultes est en train de remplacer la sitcom sur le marché américain.

Sabry

Ah ouais ? En termes d'audience, ça bascule vers l'animation ?

Marc

Oui, parce que en fait l'écriture est hyper sophistiquée. On a des comédiens formidables et visuellement, maîtrisent notre travail. Enfin on peut faire beaucoup plus de choses en animation qu'on peut en faire en prises de vues réelles. On a beaucoup plus de liberté et les gens adorent ça.

Sabry

Et en animation adultes, vous vous y connaissez aussi parce que vous avez fait un super film.Là on va voir une photo de vous dans une période glamour en fait, avec tapis rouge et compagnie. C'est à l'occasion de ce film magnifique, qui s'appelle"J'ai perdu mon corps".

Marc

Ouais.

Sabry

C'est des moments assez importants ça dans une vie, notamment de producteur là pour le coup, parce que c'est la casquette qu'on vous met. Avec "J'ai perdu mon corps", c'est quoi en fait ? C'est un épisode qu'on accueille comme une sorte de climax dans une carrière ?

Marc

C'est plusieurs choses. D'abord, "J'ai perdu mon corps" c'est un moment où pour moi, tout ce que j'ai fait se rassemble. Parce que moi j'ai fait aussi du cinéma, de la production de cinéma. J'ai fais beaucoup de choses comme ça, etc. Donc c'est mon métier d'animateur, mon métier de producteur sur des histoires adultes.Tout se rassemble dans la rencontre avec un texte d'abord, qui s'appelait HappyEnd, qui était un roman de Guillaume Laurant. Et puis la venue de Jérémy Clapin, qui vient transformer complètement et faire une œuvre extrêmement innovante, puisque c'est pas simplement un film pour adultes. C'est un film qui est incroyablement innovant sur le plan de la narration.

Sabry

Absolument, oui.

Marc

C'est un film qui invente vraiment des processus narratifs très très nouveaux.

Sabry

Pour ceux quine l’ont pas vu, on suit un épisode de vie d'une main, qui a perdu son corps.

Marc

Voilà.

Sabry

Mais c'est extrêmement... Déjà nouveau dans la narration. Mais aussi dans l'image, c'est quand même un travail entre de la 3D, 2D appliquée dessus.

Marc

On a inventé un nouveau process. On a pris le meilleur de la 3D et de la 2D, en laissant de côté le moins bon, notamment tous les problèmes de rendering en 3D, qui sont souvent le cauchemar quand on veut faire du long métrage. Et en 2D, la difficulté souvent quand on va vers l'adulte et le morphoréaliste, c'est que la2D est pas outillée pour faire du morphoréalisme. Voilà.

Et donc en partant d'une base 3D pour l'animation de nos personnages qu'on a fini en 2D,on arrive avec un résultat qui surprend beaucoup. Et qui correspond bien àc ette idée au cœur du film, qui est la rencontre d'un univers très réaliste ettrès magique à la fois quoi.

Sabry

Ouais.

Marc

Et c'est voilà...

Sabry

On ne va pas révéler l'histoire, mais ça donne une indication. Mais il y a ça qui est important. Et puis vous avez rassemblé une équipe de choc. Là vous avez mentionné Guillaume Laurant, c'était quand même celui qui a été scénariste d'Amélie Poulain. Amélie Poulain, 2002, ça a raflé tous les prix à travers le monde. Et puis, deuxième coup aussi, c'est d'avoir pris Jérémy Clapin, qui est un super réalisateur. Moi j'ai vu un de ses courts métrages qui s'appelait "Skhizein". Je crois aussi, j'ai pris une image parce qu’il faut le voir, c'est un bijou.

 

Marc

Un bijou. Bah voilà, moi j'ai découvert ce court métrage et je me suis dit c'est à lui qu'il faut que je confie ce bouquin et cette adaptation. Parce que Jérémy, il a cet univers-là. Puis c'est un chercheur Jérémy, c'est vraiment quelqu'un qui... Eton n'avait pourtant pas énormément de moyens, donc il a... Moi c'est ce que j'adore chez les gens des courts métrages, c'est que le peu de moyens n'est pas contradictoire avec l'ambition. Et ils vont trouver des processus créatifs, ce qui fait qu'ils vont pouvoir faire des films très ambitieux artistiquement, malgré le manque de moyens. Et "J'ai perdu mon corps" est une très belle réussite. Voilà, donc moi je me suis un peu rassemblé de toutes mes expériences, en faisant ce film-là. Et puis bon, c'est vrai que le cinéma a ceci de très gratifiant, c'est que la reconnaissance elle est très explosive.

Sabry

Donc du coup ,il été nommé aux César. Il a reçu...

 

Marc

Le César.

Sabry

Le César. Il a été nommé aux BAFTA, nommé aux Oscars. Enfin il a fait le tour des...

Marc

Oui, non non, enfin les Emmy Awards aux États-Unis qui est la grande...

 

Sabry

Emmy Awards, ouais.

Marc

On a quand même quatre Emmy Awards quoi.

Sabry

Annecy aussi.

Marc

Annecy aussi. Enfin son parcours du film est dingue.

Sabry

Ouais. Mais alors justement, il y a Netflix qui est derrière.

Marc

Alors que personne n'en voulait quand même.

Sabry

Alors racontez-nous, racontez-nous les dessous là. C'est ça qui est intéressant parce que derrière, vous avez quand même vendu à Netflix. Et puis, pour faire les Oscars, on le sait très bien, c'est une campagne électorale hein. Ça s'organise, il y a des budgets, il y a tout un travail qui est fait. Donc racontez-nous un peu cet épisode-là. Et comment on se sent ? Fatigués ?Contents... ?

Marc

Non mais bon,"J'ai perdu mon corps" c'est sept ans de travail acharné quand même avec Jérémy. Avant de proposer le film à Cannes, le film est sélectionné à laSemaine de la critique à Cannes. Donc déjà on est très très contents d'être àCannes, ce qui est important pour un film comme ça, parce qu'il sort de nulle part. C'est un film qu'on a financé nous à 50 % sur nos fonds propres hein, personne n'en voulait.

 

Sabry

Prise de risques quand même hein.

Marc

Bah les chaînes n'ont pas acheté. Enfin tout le monde nous a dit non. Donc grosse prise de risque. Mais bon, j'avais une forte conviction autour de ce film-là, donc je voulais aller jusqu'au bout. Et puis à Cannes, le film devient très rapidement un événement quoi. La magie de Cannes c'est que vous avez un film que personne n'a entendu parler, en quelques jours tout le monde en parle.

Sabry

Le bouche à oreille. 

Marc

Le bouche à oreille. Du coup Netflix voit le film, vient nous voir, nous fait une première proposition. Au départ on n'en veut pas parce qu'on se dit merde, on a fait ça pour le cinéma, on n'a pas envie de finir sur un petit écran. Et puis Netflix insiste. Et puis ils finissent par nous révéler qu'en fait ils veulent en faire leur drapeau pour les Oscars cette année. Donc je comprends qu'ils ne vont pas juste le diffuser, qu'ils vont en faire un énorme événement. Donc pour moi, c'est la promesse d'une exposition incroyable. C'est vrai qu'en plus ils nous donnent des moyens financiers qui ont permis largement d'amortir le risque qu'on a pris au départ. Et le boulot qu'ils font pour... Bah ils dépensent plus d'argent que le budget du film en campagne électorale quoi.

 

Sabry

C'est ça.

Marc

C'est complètement dingue. Et quand vous êtes avec Jérémy, on se promène sur Sunset Boulevard et qu'on voit un placard de 50 mètres carrés sur Sunset, avec "J'ai perdu mon corps"...

Sabry

C'est fou. C'est incroyable.

Marc

C'est complètement taré quoi. Et puis le week end de Thanksgiving en novembre auxÉtats-Unis, vous ouvrez la homepage de Netflix dans le monde entier, la homepage c'est "J'ai perdu mon corps".

Sabry

Wow. Sur le weekend de Thanksgiving ?

Marc

Sur le weekend de Thanksgiving quoi.

Sabry

Wow. Ils vous ont donné les chiffres ou non, ils ont... ?

Marc

Si si, bien sûr.

Sabry

Alors, c'est impressionnant ?

Marc

Très impressionnant. J'ai pas le droit de les dire, mais c'est juste... Mais eux-même sont été totalement surpris hein. Ils ont été surpris parce qu'ils voyaient...enfin ils ont... Mais c'était très émouvant parce que à partir du moment où c'est sorti sur Netflix, bah il faut regarder les tweets de "J'ai perdu mon corps" quoi. Ça venait du monde entier.

Sabry

Bien sûr.

Marc

Mais partout quoi. Ce petit film d'auteur qui vient de nulle part et tout le monde en parle sur la planète quoi. Sur la planète cinéma bien sûr, mais...

Sabry

Mais ça c'est la concrétisation pour un producteur quand même, se dire là j'ai fait un film qui est vu à travers le monde. C'est un événement quoi. Ça c'est génial ouais, il n'y a pas mieux quoi.

Marc

Non franchement i n'y a pas mieux que ça. Aller aux Oscars, les trucs comme ça, exposé, avoir toute la planète qui parle de votre film. Enfin c'est très bouleversant, surtout quand on sait d'où ça vient quoi. Parce que Jérémy il a bossé comme un fou pendant des années. Moi j'ai beaucoup poussé ce film. Enfin, on n'arrivait pas à se faire entendre. Ce n’est pas que les gens étaient sourds ou idiots, ce n’est pas le sujet.

Sabry

Et comment on tient dans ces moments particulièrement compliqués, où en fait il n’y a personne qui nous écoute, et on est convaincus que c'est le bon truc quoi ?

Marc

En fait ça on tient parce que... Alors quand on est comme moi, un producteur qui est très très attaché à l'éditorial, à la direction artistique et où je ne suis pas menée que par des problématiques financières ou commerciales...

En fait moi mon travail pendant le développement, c'est de me laisser habiter par le projet et qu'en fait le projet il me pénètre. Et puis à un moment, j'ai plus le choix. Il faut qu'il existe, quoi qu'il en coûte.

Sabry

Ouais.

Marc

Voilà, il y a un moment, il faut que le film existe. Parce que on voit il est là, il palpite, il a envie d'exister en fait. On est mené par l'œuvre elle-même. Il y a un moment, c'est l'œuvre qui vous tire, c'est plus vous qui choisissez.

Sabry

Ça devient irrationnel quoi.

Marc

Mais oui, ça devient... voilà. Et donc bah on y va quoi. Alors forcément, j'ai de la chance par ce que j'ai un gros studio et tout ne va pas s'effondrer dans ma vie par ce que je vais prendre ce risque-là.

Sabry

Mais c'est un risque qu'on prend parce qu'on a 15 ans aussi d'expérience. On se dit voilà...

Marc

Oui oui, il y a aussi des choses où on sent qu'il y a un truc à faire. Et puis, dans mon histoire d'aller vers l'animation adulte, de prouver quelque chose, que l'animation est capable de raconter des histoires adultes, c'était vachement important.

Sabry

En tout cas félicitations, encore une fois, parce que même si la vague est passée, c'est quand même une superbe œuvre. Et puis même, presque envie de dire merci quoi parce que c'est quand même un truc à voir et beau récit. Y'avait BenjaminMassoubre aussi qui était sur le montage. Il faut le mentionner parce qu’il a un vrai talent. Écoutez, on arrive déjà à la fin de notre entretien Marc.

Marc

Ça va vite hein.

Sabry

Ça va vite. On a parlé de pas mal de choses. Je ne sais pas s'il y a quelque chose dont on n'a pas discuté. Après j'imagine qu'il y a des nouvelles qui vont arriver côté Xilam pour plus tard. Mais bon...

Marc

On va se garder pour une autre session.

Sabry

Pour une autre session. (Rires) En tout cas, merci infiniment d'être venu sur Animashow. Merci à toutes et à tous d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. C'est toujours un plaisir d'avoir vos retours, vos emails qui me disent ben il faut continuer par ce que c'est super intéressant. Et puis, n'hésitez pas à aller sur Instagram nous suivre sur Animashow France, pour savoir quels vont être nos prochains invités. Merci et à bientôt.

Marc

Merci beaucoup.

L'interview en vidéo